
Numero dodici - novembre
1995
Arthur Rimbaud
(1854-1891)
poesie da Illuminations
(1886)
traduzione di Roberto Marchi (1995)
APRÈS LE DÉLUGE
Aussitôt que lidée du
Déluge se fut rassise,
Un lièvre sarrêta dans le sainfoins et les
clochettes mouvantes et dit sa prière à larc-en-ciel à travers la toile de
laraignée.
Oh! les pierres précieuses qui se cachaient,
les fleurs qui regardent déjà.
Dans la grand rue sale les étals se dressèrent, et
lon tira les barques vers la mer étagée là-haut comme sur les gravures.
Le sang coula, chez Barbe-Bleue, aux
abattoirs, dans les cirques, où le sceau de Dieu blêmit les fenêtres. Le sang et
le lait coulèrent.
Les castors bâtirent. Les mazagrans fumèrent dans
les estaminets.
Dans la grand maison de vitres encore ruisselante les
enfants en deuil regardèrent les merveilleuses images.
Une porte claqua, et sur la place du hameau,
lenfant tourna ses bras, compris des girouettes et des coqs des clochers de partout,
sous léclatante giboulée.
Madame *** établit un piano dans les Alpes. La messe et
les premières communions se célébrèrent aux cent mille autels de la cathédrale.
Les caravanes partirent. Et le Splendide-Hôtel fut bâti
dans le choas de glaces et de nuit du pôle.
Depuis lors, la Lune entendit les chacals piaulant par les
déserts de thym, et les églogues es sabot grognant dans le verger. Puis, dans la
futaie violette, bourgeonnante, Eucharis me dit que cétait le printemps.
Sourds, étang, Écume, roule sur le pont et
pardessus les bois; draps, noirs et orgues, éclairs et tonnerre, - montez
et roulez; Eaux et tristesses, montez et relevez les Déluges.
Car depuis quils se sont dissipés, oh les
pierres précieuses senfouissant, et les fleurs ouvertes! cest un
ennui! et la Reine, la Sorcière qui allume sa braise dans le pot de terre, ne voudra
jamais nous raconter ce quelle sait, et que nous ignorons.
DOPO IL DILUVIO
Non appena lidea
del diluvio si fu placata,
Una lepre si fermò tra i trifogli e le campanule
oscillanti, e recitò la sua preghiera allarcobaleno attraverso la tela di ragno.
Oh, le pietre preziose che si nascondevano, i fiori
che già guardavano.
Nella lurida via principale si prepararono i banconi, e le
barche furono trascinate verso il mare digradante, lassù, - come nelle stampe.
Il sangue colò, in casa di Barbablù, nei macelli,
nei circhi, dove il sigillo di Dio illividì (allibì) le finestre. Il latte e il
sangue colarono.
I castori costruirono. I mazagran fumigarono nelle
osterie.
Nella grande casa di vetri ancora grondante, i fanciulli in
lutto guardarono le immagini meravigliose.
Una porta sbatté, e sulla piazza del villaggio, il
fanciullo roteò le braccia, confuso dalle banderuole e dai galli dei campanili
dogni dove, sotto il radioso acquazzone.
La Signora *** collocò un pianoforte sulle Alpi. La messa
e le prime comunioni furono celebrate ai centomila altari della cattedrale.
Le carovane partirono. E lo Spendide-Hotel fu costruito nel
caos dei ghiacciai e nella notte del polo.
Da allora, la Luna sentì gli sciacalli piagnucolare nei
deserti di timo e le egloghe in zoccoli borbottare nel frutteto. Poi, nella fustaia
viola, germogliante (gemmante), Eucari mi disse che era primavera.
Sgorga, stagno, schiuma, rotola sul ponte e sopra i
boschi, drappi neri e organi, lampi e tuono, salite e rotolate; Acque e
tristezza, salite e liberate i Diluvi.
Poiché da quando si sono dispersi, oh, le pietre
preziose che si nascondono nella terra, e i fiori aperti! che noia! e la Regina, la
Strega che accende la sua brace nel vaso di terra, non vorrà mai raccontarci quello che
conosce e noi ignoriamo.
ENFANCE (III)
Au bois il y a un oiseau, son chant vous arrête et vous fait
rougir.
Il y a une horloge qui ne sonne pas.
Il y a une fondrière avec un nid de bêtes blanches.
Il y a une cathédrale qui descend et un lac qui monte.
Il y a une petite voiture abandonnée dans le taillis, ou qui descend le sentier en
courant, enrubannée.
Il y a une tropue de petits comédiens en costumes, aperçus sur la route à travers la
lisière du bois.
Il y a enfin, quand lon a faim et soif, quelquun qui vous chasse.
INFANZIA (III)
Nel bosco cè un uccello, il suo
canto vi ferma e vi fa arrossire.
Cè un orologio che non suona.
Cè un pantano con un nido di bestie
bianche.
Cè una cattedrale che scende e un
lago che sale.
Cè una piccola carrozza abbandonata
nella boscaglia, o che scende correndo per il sentiero, infiocchettata.
Cè una compagnia di piccoli attori
in costume, intravisti sulla strada attraverso il limitare del bosco.
Cè infine, quando si ha fame e sete,
qualcuno che vi scaccia.

Da PHRASES
Quand le monde sera réduit en un seul bois noir
pour nos quatre yeux étonnés, en un plage pour deux enfants fidèles, en une
maison musicale pour notre claire sympathie, je vous troverai.
Quil ny ait ici-bas quun vieillard seul, calme et beau, entouré
dun luxe inouï, et je suis à votre genoux.
Que jaie réalisé tous vos souvenirs, que je sois celle qui sait vous
garrotter, je vous étoufferai.
***
Avivant un agréable goût dencre de Chine,
une poudre noire pleut doucement sur ma veillée. Je baisse les feux du lustre, je me
jette sur le lit, et, tourné du coté de lombre, je vous vois, mes filles! mes
reines!
Da FRASI
Quando il mondo
sarà ridotto a un solo bosco nero per i nostri quattro occhi attoniti, a una spiaggia per
due fanciulli fedeli, a una casa musicale per la nostra serena simpatia, io
vi troverò.
Non ci sia quaggiù che un vegliardo solo, calmo e bello, circondato da un lusso
inaudito, e io sono alle vostre ginocchia.
Che io abbia realizzato tutti i vostri ricordi, che io sia quella che sa
incatenarvi, io vi soffocherò.
***
Ravvivando un piacevole sapore
dinchiostro di China, una polvere nera piove dolcemente sulla mia veglia.
Abbasso le luci del lampadario, mi butto sul letto, e, girato dalla parte dellombra,
vi vedo, mie fanciulle! mie regine!
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